Professeur Hirschel, vous assurez aujourd'hui qu'une trithérapie bien suivie empêche la contamination. Si une de vos filles était en couple avec un séropositif, vous lui diriez d'arrêter d'utiliser le préservatif?
C'est à elle de choisir, mais comme papa oui, je lui conseillerais de continuer à utiliser un préservatif si elle veut se protéger. L'article que nous avons publié n'en dit pas moins. Mais il y a ensuite des situations particulières. Que dire, par exemple, si elle veut avoir un enfant? Ou si le préservatif a lâché et qu'elle est paniquée?
Pourquoi assurer publiquement que la trithérapie suffit à protéger certaines personnes, alors que vous ne vous en contenteriez pas pour vos enfants?
Parce que c'est une réalité et il était nécessaire de la faire connaitre (...) Savoir qu'elles ne sont plus contagieuses est par ailleurs un fardeau de moins à porter pour toutes les personnes infectées, la crainte de la contamination étant le moteur principal de la discrimination envers les séropositifs.
Reconnaissez quand même qu'il y a un risque pour qu'une grande partie de la population interprète mal cette découverte et croie que tout est désormais permis...
Peut-être. Mais ce qui est aujourd'hui une vérité que l'on dit à certains ne doit pas être trop éloignée de celle que l'on divulgue à d'autres.
vous acceptez les remarques des collègues français qui trouvent votre prise de position discutable?
Il peut y avoir des désaccords entre les scientifiques pour des raisons philosophiques. Par exemple dans le temps que l'on met et la manière que l'on a de reconnaitre une évidence.
"La preuve du risque zéro n'existe pas" selon le professeur Hirschel.
Source: Le Matin Dimanche (10.02.2008) |